De simple moments de ma vie mis bouts à bout. Quelques brides de mes états d’âmes. Des coups de cœur, des coups de gueule, pourquoi pas des échanges. Un homme, un père, un fils et ceux qu’ils croisent.
Tant va la cruche à l’eau, qu’a la fin elle déborde (je sais que ce n’est pas le bon proverbe, mais c’est ce qui correspond dans ce cas) et voilà l’autre matin, c’est arrivé.
Une nouvelle fois la même « bêtise », toujours la même, régulière, je dirais presque inévitable. Ca m’énerve à chaque fois, mais avec le temps j’ai appris à user d’un minimum de diplomatie pour en parler, pour la réparer.
Mais ce matin là, aucune diplomatie, je crie, je hurle, les mots dépassent mes pensées, limite si mes mains n’accompagnent pas mes paroles. En plus de la « bêtise », et plutôt que de réparer, il y a eu tentative de dissimulation, il y a mensonge. Ca je ne l’accepte pas ! Privé de DS et de toutes les autres consoles de l’appartement, de TV et ce jusqu'à nouvel ordre. La dernière fois que j’ai décidé cette sanction, elle a durée plus de 6 mois. Pauvre Zouzou…
Mon problème dans cette histoire n’est pas la bêtise, ni le mensonge, encore moins la punition, tout ça va ce régler dans le temps. Non le vrai problème est la réaction de mon fils face à ma colère.
Il est la caricature du mélange des réactions de ses parents. Je vois bien qu’il comprend, qu’il est désolé, triste, qu’il a peur aussi, mais aucune réaction. Ni pleures, ni colère, pas un mot, juste le visage fermé et les yeux baissés. N’importe qui, enfants comme adultes, femmes ou hommes, auraient réagis à ma colère, soit pas des pleures, soit par de la violence, soit par une réaction de recule, soit autre chose. Mais pas lui…
Il semble que dans mon blog transparaissent mes sentiments, seulement dans la vie ce n’est pas le cas. Que ce soit mes joies, mes peines, les élans de mon cœur, mon amour, tous mes sentiments sont « tabous ». Ma famille est comme ça, la mère de mon fils aussi, la seule réaction visible chez nous est généralement la colère protectrice de nos sentiments, de nos frustrations.
Mon fils ne déroge pas à la règle, n’exprimant pas ses joies et encore moins ses peines, gardant tout en lui pour ne pas « gêner « les autres, pour ne pas laisser apparaitre de signe de faiblesse.
Je me rends compte qu’une vie sans sentiments, ce n’est pas une vie heureuse. Je ne veux pas de cette vie là pour mon enfants, seulement je n’arrive pas à l’aider, je ne peux plus l’aider, je suis impuissant, je ne suis que son père…
Je pleure pour lui, ma réaction ce matin là m’as fait mal. Pourtant, avant de le poser à l’école, je lui ai dit à quel point je l’aime, je l’ai embrassé au point de le rendre baveux, je l’ai serré si fort qu’il a failli perdre un os, mais ça ne suffit pas.