De simple moments de ma vie mis bouts à bout. Quelques brides de mes états d’âmes. Des coups de cœur, des coups de gueule, pourquoi pas des échanges. Un homme, un père, un fils et ceux qu’ils croisent.

Un simple coup de téléphone comme unique moyen d’être ensemble, il est tard, ils se manquent. De son coté, il s’active, elle l’interroge. Lui, élude la question avec une vaseuse histoire de ménage nocturne, alors qu’il boucle une valise et la jette à l’arrière de sa voiture. Utilisant le prétexte fallacieux de la fatigue et de l’heure tardive, il raccroche et s’élance dans la nuit oubliant souvent que 260km/h, c’est 230 + 30, donc trop.
La nuit est douce, il approche. Plus de 200kms qu’il se demande ce qu’il fait, si c’est raisonnable, la réaction qu’il aura en retour mais il est heureux. Il se gare un peu loin, comme pour s’octroyer un dernier moment d’hésitation, une solution de replie mais il avance. Il a fait tout doucement en fermant les portes de son véhicule, il est fait tout autant en marchant. Par chance, le portillon n’est pas fermé, il pousse plus avant son avancée, son cœur bas plus fort, son pas ralenti encore. Es ce un frisson qui vient de le traverser ?
Une chaise longue est dépliée, il s’installe, s’octroie la cigarette du condamner et observe la nuit. La porte d’entrée est dans son champ de vision quand il attrape son téléphone. « Je te réveil ?»dit-il. « J’arrive pas a dormir… J’ai froid… Fait froid sur ta chaise longue. » A l’autre bout du fils, c’est la perplexité, un mélange d’émotions, de sommeil, une hésitation suffisamment longue pour qu’en bas, l’homme doute.
Finalement presque sans lumière pour l’annoncer la porte s’ouvre, l’endormie est maintenant bien réveillée dans l’embrasure de la porte, le clopeur dans son transat l’observe et…
… et le reste est du domaine privé ou de l’imaginaire, à vous de voir.